Dépecer les pervers en politique ! Est-ce raisonnable ?
(2ème partie)
Pour en savoir plus sur...
les caractéristiques proches des narcissiques à tendances perverses.
* [Les troubles de la personnalité narcissique :
Il s'agit d'un mode général de fantaisies ou de comportements grandioses, de besoin d'être admiré et de manque d'empathie qui apparaissent au début de l'âge adulte et sont présents dans des contextes divers.
Le sujet (homme ou femme) a un sens grandiose de sa propre importance. Il surestime ses réalisations et ses capacités, s'attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport.
- Est absorbé par des fantaisies de succès illimité et de pouvoir.
- Pense être spécial et unique et pense ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens de haut niveau.
- A un besoin excessif d'être admiré.
- Pense que tout lui est dû et s'attend à bénéficier d'un traitement particulier et favorable à ses attentes.
- Exploite les autres et utilise autrui pour parvenir à ses propres fins.
- Manque d'empathie et n'est pas disposé à reconnaître les sentiments ou les besoins des autres.
- Envie les autres (jalousie) et croit que tout le monde l'envie.
- Fait preuve d'attitudes et de comportements hautains et arrogants.]
** [Cette école tente un renversement des valeurs, et enseigne désinvolture et humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement anticonformistes, les Cyniques, et à leur tête Diogène, proposent une autre vision de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire.]
*** [La mégalomanie consiste en la surestimation de ses capacités, elle se traduit par un désir immodéré de puissance et un amour exclusif de soi. Elle peut être le signe d'un manque affectif. En psychiatrie, la mégalomanie est classée dans la famille des psychoses délirantes chroniques. On la nomme couramment Folie des grandeurs.]
**** [La paranoïa est au sens premier une maladie mentale chronique du groupe des psychoses, caractérisée par un délire d'un type particulier dit délire paranoïaque pour lequel il existe plusieurs thèmes récurrents. Il faut en différencier la personnalité paranoïaque, qui est un caractère particulier chez certains sujets, mais sans développement d'un délire (même si une personnalité paranoïaque peut évoluer vers une authentique paranoïa). Dans un sens dérivé, le terme paranoïa est aujourd'hui dans le langage commun ou journalistique utilisé pour rendre compte d'états comme la méfiance, la suspicion ou le scepticisme, qui ne sont pas en eux-mêmes pathologiques.]
¢ En France, la seule personne ayant réussi à révéler au public la véritable personnalité des pervers est Marie-France Hirigoyen1.
« Il est possible de détruire quelqu’un juste avec des mots, des regards, des sous-entendus : cela se nomme violence perverse ou harcèlement moral. »
1- Marie-France Hirigoyen est docteur en médecine depuis 1978. Elle est aussi psychiatre et psychothérapeute familiale.
Formée aux États-Unis à la victimologie, c’est à elle que l’on doit le développement du principe de « harcèlement moral » en France.
Son essai « Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien », paru en 1998, est devenu un best-seller et s’est vendu à 450 000 exemplaires. Il a, de plus, été traduit dans plus de 24 pays.
Elle y étudie les effets destructeurs (souffrance, dépression, traumatisme psychique, suicide, etc.) des pervers narcissiques et pervers paranoïaques identifiés à des prédateurs sur le psychisme de leurs victimes en milieu conjugal, familial, éducatif et professionnel.
Le succès fut tel qu’il a permis la création d’associations, de débats entre professionnels ou encore une certaine prise de conscience de la part des parlementaires.
Spécialisée en gestion du stress en entreprise, on lui doit notamment l’introduction d’un amendement de loi contre le harcèlement moral dans le Code du travail. Une notion qu’elle analyse dans son second ouvrage sur la violence psychologique au travail, « Malaise au travail. Harcèlement moral : démêler le vrai du faux » qui est paru en mars 2001.
Puis un troisième ouvrage consacré aux violences conjugales : « Femmes sous emprise. Les ressorts de la violence dans le couple. » est paru en avril 2005.
¢ Un autre psychiatre, Serge Hefez2, a fait le 7 mai 2007 une analyse plutôt intéressante de notre actuel président de la république. A découvrir…
Une année et demie plus tard, notre regard a-t-il changé ?
« Petite leçon de psychologie : le pervers narcissique et ses complices »
2- Serge Hefez, 52 ans, médecin, psychiatre à l’hôpital, anime l’émission « Famille Hebdo », chaque vendredi de 14h à 15h. Serge Hefez, exerce comme psychanalyste et thérapeute familial et conjugal. Responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, il intervient dans de nombreux colloques nationaux et internationaux sur les problématiques du couple et de la famille. Il est également responsable d’un service de soutien psychologique pour les personnes touchées par le sida. Son essai sur les relations conjugales, « La Danse du couple » (Hachette Littératures, 2002), traduit dans plusieurs langues, a connu un très vif succès. Il est également auteur de « Sida et vie psychique » (La Découverte, 1998), « Quand la famille s’emmêle » (Hachette Littératures, 2004), « Un Écran de fumée », (Hachette Littératures, 2005), « La Famille adolescente » (Eres, 2006) et « Les nouveaux ados », (Bayard, 2007, avec Marcel Rufo et Philippe Jeammet). Il publiera en octobre « Dans le cœur des Hommes », psychologie du masculin, chez Hachette Littératures. Serge Hefez est l’auteur de plusieurs séries documentaires pour la télévision dont « Psyché » et « Accro » sur France 5 (nommé aux Sept d’Or 2001). Il intervient régulièrement dans la presse écrite et à la télévision et tient un blog qui analyse l’actualité « Famille, je vous haime ». http://familles.blogs.liberation.fr
« Petite leçon de psychologie : le pervers narcissique et ses complices. »
Les pervers narcissiques n'éprouvent aucun respect pour les autres, qu'ils considèrent comme des objets utiles à leurs besoins de pouvoir, d'autorité, ou servant leurs intérêts. Ils font des promesses qu’ils ne tiendront pas, sachant que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Pris en flagrant délit de mensonge, ils sont capables de nier avec un aplomb hors du commun...
Charité bien ordonnée commençant toujours par soi-même, ils savent parfaitement et farouchement défendre leurs intérêts dont ils ont toujours une vision très claire. Ils essaient de profiter à chaque instant de toutes les opportunités, de toutes les personnes rencontrées, et ces personnes sont systématiquement instrumentalisées pour en tirer, autant que possible, avantage pour eux. Comme pour tous les narcissiques, tout leur est dû. Ils n'admettent aucune remise en cause et aucun reproche.
Les pervers narcissiques sont incapables d’aimer les autres. Dans leur immense majorité, ils n’ont aucune « humanité », aucun sentiment humain, aucun état d’âme, aucun affect. Ils sont froids et calculateurs, totalement indifférents à la souffrance d’autrui. Mais tout en étant, le plus souvent, incapables d’avoir des sentiments humains, ils simuleront le fait d’être emplis, en apparence, de bons sentiments et d’une sincère empathie pour autrui.
Les déceptions entraînent chez eux de la colère ou du ressentiment avec un désir de revanche. Cela explique la rage destructrice qui s'empare d'eux lors des séparations. Quand un pervers perçoit une blessure narcissique (défaite, rejet), il ressent un désir illimité d'obtenir une revanche. Ce n'est pas, comme chez un individu coléreux, une réaction passagère et brouillonne, c'est une rancune inflexible, implacable à laquelle le pervers applique toutes ses forces et ses capacités de raisonnement. Et alors, il n’aura de cesse d’assouvir son dessein de vengeance.
Les pervers narcissiques ont souvent besoin de haïr pour exister. La haine peut être chez eux un moteur très puissant.
Souvent, le pervers narcissique est quelqu'un qui n'a jamais été reconnu dans sa personnalité propre, qui a été victime d’investissement narcissique important de la part de ses parents et qui a été obligé de se construire un jeu de personnalités (factices), pour se donner l'illusion d'exister.
Du fait d’une histoire personnelle, où ils ont été, par exemple le bras armé d’un de leurs parents, les pervers n'ont pas pu se réaliser. Ils observent alors avec envie ce que d'autres qu'eux ont pour y parvenir.
Les pervers narcissiques ne sont jamais sincères, toujours menteurs. Ils peuvent aussi bien dire la vérité que mentir avec aplomb. Le plus souvent, ils effectuent de sensibles falsifications de la vérité, qu'on ne peut pas vraiment qualifier de mensonges, et encore moins de constructions délirantes. Mélanger le mensonge, la sincérité et la franchise —ce qui est, pour l'autre, très déstabilisant— fait partie de leur jeu.
Le déni (de leurs défauts, de l'autre) leur permet de «s'aimer» (et de s’aimer toujours plus). Ils se mentent à eux-mêmes, sur leur vraie valeur, sur ce qu’ils sont réellement. A certains moments, ils finissent par croire à leur mensonge, à d’autres, ils en ont conscience. C’est toute l’ambivalence de la pathologie mythomane. Le pervers narcissique est un « comédien né ». Ses mensonges à force d’entraînement sont devenus chez lui une seconde nature.
Sa palette de personnalités, de personnages, d’émotions feintes est étonnante. L’éventail de son jeu d’acteur est infini, sans cesse renouvelé.
Il donne le plus souvent l’image d'une personne parfaitement calme, ne s’énervant jamais.
Le pervers narcissique est le plus souvent doté d’une combativité extrême et d’une capacité de rebond remarquable. Sa mégalomanie, son narcissisme, voire sa paranoïa, renforcent cette combativité. Souvent immensément orgueilleux, voire mégalomane, le pervers narcissique aime gagner, à tout prix, sans fin, et ne peut admettre, une seule fois, de perdre. Il est prêt à tout, même aux coups les plus retors, pour ne jamais perdre. Le pervers est comme un enfant gâté. S’il ne rencontre pas de résistance, il ira toujours plus loin.
A la longue cette tendance, qui peut lui assurer une dynamique du succès pendant un certain temps, devient une addiction. Signe de sa mégalomanie, elle la renforce en retour, et l'amène à ne plus pouvoir tolérer la moindre frustration ou contradiction.
« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » (Beaumarchais).
Le pervers narcissique a le talent de diffamer sans avoir l’air d'y toucher, prudemment, en donnant l’apparence de l’objectivité et du plus grand sérieux, comme s’il ne faisait que rapporter des paroles qui ne sont pas les siennes. Souvent il ne porte pas d’accusation claire, mais se contente d'allusions voilées, insidieuses. A la longue, il réussira à semer le doute, sans avoir jamais prononcé une phrase qui pourrait le faire tomber sous le coup d’une accusation de diffamation.
Situations cliniques :
• Le déni : «La France n’a jamais commis de génocide», en France, on a rien fait, la collaboration n’a pas existé, donc nous n’avons pas besoin de repentance (et on tue en même temps le Père en détruisant le remarquable travail de mémoire accompli par son prédécesseur).
• La diffamation sans y toucher : «ON égorge des moutons dans les baignoires », le ON anonyme du mépris et du colonialisme.
• Frapper l’autre d’inexistence pour le mépriser et le déstabiliser : je ne regarde pas mon adversaire au cours d’un débat, je dis «elle» en regardant un témoin.
• La jouissance du sous-entendu : « Je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas». Ce qu’on pense tout bas, ce n’est en général pas très beau, et justement, on ne le dit pas. Ou «en France, on ne peut pas dire les choses» : par exemple, les nègres nous emmerdent, foutons les dehors…
• Provoquer la sidération et l’adhésion de l’entourage en le confrontant à l’horreur absolue : par exemple parler longuement du calvaire de la mère de Sohane pour faire passer une loi sur la récidive.
• Etre mégalomane, ne pas supporter le moindre accro à sa propre image : faire virer un grand patron de presse pour avoir été montré sous les traits ridicules du cocu.
• Enfance : venger une mère abandonnée qu’on ne quitte qu’à l’âge de 28 ans.
• Amour de la traîtrise : prendre pour porte-parole celui qui a trahi et calomnié son propre camp…
Mais vous avez sûrement en tête d’autres situations…
Allez, bonne continuation.
• Serge Hefez •
¢ J'attends vos impressions sur ce vaste programme... Car dans le fond, ne serions-nous pas tous un peu pervers ?!
A bientôt !
Françoise Boulanger


















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